CAP22 sur la culture, mais dans quelle direction?

CAP22 sur la culture, mais dans quelle direction?

Le rapport du Comité d’Action Publique 2022 CAP 22[1] , nous fait frémir à bien des égards et notamment dans le secteur culturel où celui-ci recommande l’application sans le nommer de l’article 106 du TFUE sur la privatisation des services publics. Dans l’article culturel précédent intitulé « Cure muséale de santé dans les Yvelines », nous avions vu l’attachement des français pour leur institution muséale. En revanche, le rapport CAP 22 préconise, sans consultation des français et des services concernés, d’externaliser un maximum de prestations liées à l’emploi de personnel (gardiennage, accueil des publics, médiation…). La conséquence : précarisation des emplois, ubérisation du secteur culturel, baisse des salaires, hausse des tarifs pour les usagers. Nous ne l’acceptons pas !

Pour nous encourager à nous battre pour sortir des traités de l’UE, poursuivons la découverte des trésors des musées Yvelinois avec cette petite incursion à Mantes-La-Jolie au musée de L’Hôtel Dieu pour y admirer un artiste attachant : Maximilien Luce. Né en 1858 à Paris, fils d’ouvrier, il gardera tout le long de sa vie un idéal égalitaire. Il s’est intéressé au quotidien des travailleurs, des soldats de la Grande guerre, et a peint de magnifiques paysages autour de la Seine, notamment à Rolleboise où il s’installera à partir de 1920 et y sera enterré en 1941.

Le musée de l’Hôtel Dieu conserve une très belle collection de l’œuvre de Maximilien Luce, des tableaux néo-impressionnistes, avec la technique du pointillisme développée par Georges Seurat et aussi de très beaux témoignages de la Grande Guerre où Maximilien Luce observera les soldats de passage dans les gares parisiennes.

Maximilien LUCE, Rolleboise, Poilus à la gare de l’Est, 1917, musée de l’hôtel-Dieu[2]

Sans dépeindre les horreurs physiques de la guerre, on perçoit  dans le tableau Poilus à la gare de l’Est, l’abattement, la lassitude, l’épuisement de ces hommes. Le poids de l’absurdité de la guerre pèse sur le soldat au premier plan qui se referme sur lui-même, sans voir d’espoir ou d’issue à ce conflit. On peut admirer la touche du peintre et le travail de la lumière qui promènent notre regard sur chaque personnage et nous plongent dans leur désarroi.

 

Autre univers, Maximilien Luce sait également nous faire rêver, avec cette scène de baignade où la lumière inonde le paysage et nous transporte dans un monde paradisiaque où règnent l’insouciance et la légèreté.

Maximilien LUCE, Rolleboise, la baignade dans le petit bras, 1920, musée de l’hôtel-Dieu[3]

 

 

Rendez-vous prochainement pour notre prochaine incursion dans notre beau département des Yvelines, et en France.

 

Rédaction : Laurence

 

[1] Le rapport CAP 22 sur la Gazette des communes :

https://www.lagazettedescommunes.com/575242/rapport-cap22-lessentiel-de-ce-quil-faut-retenir/

https://www.lagazettedescommunes.com/telechargements/2018/07/rapport-cap22-1.pdf

[2] Source Wikimedia commons : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Maximilien_LUCE,_Poilus_%C3%A0_la_gare_de_l%27Est,1917,_mus%C3%A9e_de_l%27h%C3%B4tel-Dieu,_inv._98.04.32.JPG

[3] Source Wikimedia commons : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Maximilien_LUCE,_Rolleboise,_la_baignade_dans_le_petit_bras,_1920,_mus%C3%A9e_de_l%27h%C3%B4tel-Dieu,_inv._98.04.45.JPG

 

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